Maussaderie

… A travers la tempête, et la neige, et le givre, 
C’est la clarté vibrante à notre horizon noir ; 
C’est l’auberge fameuse inscrite sur le livre, 
Où l’on pourra manger, et dormir, et s’asseoir ;

C’est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques 
Le sommeil et le don des rêves extatiques, 
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C’est la gloire des Dieux, c’est le grenier mystique, 
C’est la bourse du pauvre et sa patrie antique, 
C’est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !

Charles Baudelaire (Les fleurs du mal)

Chronique d’une petite plage

Dans la série « Chronique d’une petite plage » la plage de Corfou semble un petit théâtre, comme une vision d’un monde tranquille. Assise sur le sable, je regarde défiler des vacanciers en tenue de bain décontractés, insouciants. Je suis le rythme de cette nonchalance : dans ce petit coin de la mer ionienne, chacun apparaît puis disparaît comme si rien n’existait alentour, comme si le monde se résumait à cela, des allées et venues sans conséquence..

La chronique devient une bande visuelle d’une douceur irréelle et surannée, ou seuls le bruit du ressac, et les rires des enfants font comme un lointain écho du bonheur.

Des moments de rien.

Ce lent défilement de baigneurs en petite tenue, sans complexe, touchants, beaux dans leur simplicité, ravis de tant de frivolité, se laisse caresser par l’eau, le vent et l’air.

Et la lumière.